5: huit tristes postulats
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Huit tristes postulats...




Se détacher des "leçons de l'histoire", pour apprendre à voir des formes nouvelles, interpréter des signaux faibles, savoir si des crises se préparent où non, relève d'un niveau de lucidité dépendant de notre capacité à nous détacher de topiques courantes, dont celle-là. L'escamotage du temps long interdit aux politiques de théoriser sur l'avenir. Alors, postuler une convergence d'évolutions dangereuse mais ignorée, exige que nous puissions plus que jamais nous affranchir de cette idée que dans le passé réside les éléments de l'avenir; tout simplement parce que le passé ne les contient pas, et n'a rien à faire dans cette histoire. Vivre dans l'idée d'une continuité de l'histoire est un leurre, en regard des bouleversements qui se préparent. Seule la créativité, l'invention peuvent nous armer... Autrement dit, nous ne savons actuellement rien de l'avenir sauf qu'il ne sera pas ce qu'aujourd'hui nous montre. Une triste liste en recense les composantes.



- Devenue marginale, la croissance installe l'austérité, car la rente renégocie déjà une finalité majeure de la société : la redistribution...

- L'intrusion d'une inquiétante nébuleuse d'intérêts privés dans les services installera un renversement de puissance envers les fonctions régaliennes de l'état.

- L'initiative individuelle portera toutes les difficultés que ces disparitions occasionnent (individuation), provoquant une nouvelle classe de laissés pour compte.

- Notre exigence de confort, en détruisant l'évolution naturelle, nous rend complices d'un réchauffement que nous prétendons combattre.

- Le pillage des pays faibles, de leurs ressources, se poursuit dans une ignorance raisonnée...

- L'échelle ces destructions nous rend dépendants de moyens immenses nécessaires à la réparation, que les états n'auront plus.

- A ce stade, les "géants" destructeurs seront réparateurs et conditionneront leurs interventions à une opération hautement rentable.

- Des guerres récurrentes que les puissances ne pourront se faire frontalement se feront indirectement, dans des zones tierces, pauvres de préférence.

Huit composantes de notre le triangle des Bermudes. La rente nouvelle est le moindre-mal que nous exhaussons innocemment en persévérant dans notre être-confort, à un point de cécité dont nous sommes malgré tout conscients. Il vaut mieux partir du principe que nos démarches bio et durables sont louables, mais ne changerons rien, nous condamnant rapidement à un régime de sévère abstinence. Il n'y aura jamais de voiture bio. Pour les prescripteurs du mythe libéral, que la pénurie soit présentée comme inéluctable reste la meilleure des stratégies. Le nom moderne de l'austérité. Et les séductions de la nouveauté implanteront encore dans la tête de chacun de nous, la promotion d'un long suicide. D'ici peu, le seuil d'irréversibilité d'un réchauffement destructeur sera atteint, ne nous octroyant qu'une, deux, trois petites années pour réparer deux siècles de négligences sans cesse plus dévastatrices. Comment croire que la radicalité nécessaire à tous les renoncements à nos standards collectifs, devienne soudainement la norme?

Nous allons vers une société paradoxale, offrant la séduction de libertés inaccessibles, hors la capacité à l'acheter. La technologie, les connaissances, les moyens de déplacement, d'information et de production personnels, tout converge à nous offrir un champ immense de possibilités à nous réaliser sur tous les plans souhaitables, mais elles auront toutes un prix dans un système ou tout s'achète, et particulièrement les usages technologiques nous permettant une vie efficiente dans un environnement complexe et mobile. Auquel cas, en l'absence de cette capacité à pouvoir se l'offrir par l'importance que l'on a dans ce système et ce que l'on en retire, cette liberté s'amenuisera ; pour la multitude ..