La démocratie volatile.
Un paradoxe qui reconstruit l'espace-sui-est-entre-les-hommes

Un ouvrage autour de thème, présenté sous la page "réinvestir / l'espace-qui-est-entre-les-hommes" est proposé en ce moment à l'édition. Les ouvrages de type "essais politiques" se vendent peu, et beaucoup sont proposés, mais au sujet de "la" politique.  je ne sais pas traiter de cette politique là, mais bien de ce que ce site veut inciter à appréhender. Ce qui fonctionne derrière, de plus profond, essentiel et nous pousse imperceptiblement vers l'avant, qu'enfin notre conception limitée à la politique organisée "politicienne" oblitère. Ce qui se construit actuellement en nous rendant responsables et autonomes, installe une situation conflictuelle nouvelle dans notre rapport aux classes politiques. Tout ceci prépare un choc qui va se traduire par une situation de moins en moins supportable pour les intelligentsia qui gouvernent. Il ne s'agit que secondairement de colère des citoyens ; mais plus de modes d'action des gens en voie de structuration pour l'exprimer, après la déstructuration des moyens classiques d'expression du mécontentement. D'abord par qu'il n'est pas de la même nature, ensuite parce que l'enjeu est plus global (moins sectoriel) qu'avant. Les gilets jaunes le montrent, en mettant la technocratie politique en nécessité absolue d'ignorer la vraie nature du phénomène : l'autonomie d'action des citoyens et la soudaineté de leur mode de mobilisation. Quelque chose de très contrariant pour les philodoxes.              Voici donc le :

Synopsis

de "L'espace-qui-est-entre-les-hommes, ou la démocratie volatile"


L'espace-qui-est-entre-les-hommes

Est un monologue de François Normal, qui observe le lent déroulement de décomposition de cette démocratie vue par les institutionnels, repliés sur eux-mêmes au point de ne plus voir les conséquences de ce qu'ils provoquent.

Tout commence en 2017 avec les élections et l'affaire Fillon, pour s'arrêter en 2019 sur le constat que la société, traversée de "courants baladeurs", va vers une démocratie volatile en rupture avec tout ce qui est organisé.

Le macronisme confirme l'isolement de la technopolitique, en mettant, derrière des discours "intelligents" au sens étymologique du terme, le pays en ordre de marche néolibéral, où la Res-économica commande aux valeurs de la Res-publica. Le bien commun y devient obsolète.

Mais il y a mieux. Dans ce rapport binaire, la Res-Natura s'imposera comme un arbitre de cette prise de pouvoir de la Res-économica, tout en exigeant de la Res-publica de reconsidérer la configuration de la Chose publique dont elle a la charge.

Ce délitement se conjugue à une formidable révolution numérique, dont nous ne mesurons pas encore l'impact dans le process d'individuation des citoyens (le report sur eux de ce que l'état protecteur défendait pour eux justement), qu'il abandonne. Notre société accumule les non-dits, faux consensus, la théâtralisation des rapports politiques, et les frustrations. Surtout, se forme chez chacun la conviction qu'un pouvoir surplombe celui des états et que rien ne se joue plus à ce niveau.

Ou la démocratie volatile

L'apparition des réseaux, dans sa préhistoire sans doute, va-t-elle installer à la place des phénomènes contraints jusqu'ici par le besoin de s'organiser pour exister, une forme agrégative qui se renouvellera autant de fois que nécessaire et qu'il y a de crises pour exister socialement.

D'autant plus que l'idée que la solution à beaucoup de problèmes systémiques opposeront frontalement les citoyens ainsi agrégés et les systèmes d'autorité économiques supra-étatiques. Avec cette obligation de réinvestir les grands principes du politique comme le principe d'obligation, ou celui d'agrégation, avant toute organisation. Le système parlementaire devra ainsi composer avec une structure d'autorité issue de la base, lui contestant sa vocation constitutionnelle d'intermédiation.

Depuis fin 2018, les irruptions de ce type se multiplient, notamment chez la jeunesse sur le plan du climat, et les réactions du pouvoir dont la violence témoigne à la fois de l'impuissance et du mépris de la technocratie politique confirment cette tendance de fond à ne pas tolérer la lucidité citoyenne ....

1 juillet 2019, François Normal / Claude-louis moreau