le triangle des Bermudes
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Le triangle des Bermudes




Chaque jour nous confirme que pour la première fois dans notre histoire, le renversement de notre rapport de puissance à la nature, entendons par là notre capacité nouvelle à la détruire de manière irréversible, introduit dans le schéma bipolaire économie/ politique un troisième ensemble de données, distinguées des autres comme écologiques ou environnementales. En retour, cette intrusion nouvelle questionne, comme on dit, l'ensemble de ce rapport bipolaire. Politiquement, la poussée de nos croyances libérales n'ont fait qu'aboutir à une très forte dissymétrie de cette bipolarité, mettant en cause, à chaque occasion de crise endogène du système économique et de manière indubitable pour l'opinion, l'autorité du politique sur son territoire d'action. Cette nouvelle triangulation des paramètres résulte donc de l'intrusion de ce qui n'est qu'une conséquence générale d'un modèle de développement, nous plonge dans un conflit qui tient d'une sorte d'aporie. Chaque geste du quotidien, chaque évènement social nous y confronte. Et je ne comprends pas pourquoi on les extrait d'une causalité claire tenant à notre système économique pour en faire une catégorie dont personne ne sait que faire. Là, l'illusion environnementale s'installe. La dimension conceptuelle de la connaissance scientifique de nos désordres n'est jamais intégrée comme injonction à faire. L'isolement environnemental, troisième sommet, laisse dans l'espace du triangle formé un gouffre dans lequel le système de causalité disparaît comme symptôme systémique. Préserver par ce biais le fondement de la dimension binaire reste bien le souci stratégique de l'économie qui nous tue mieux que par ses produits ; par cette continuité nocive d'une dépendance qui nous perd.

Car telle est la pression naturelle du principe de développement et croissance : une recherche de stabilité et d'homogénéisation jusqu'à la rigidité nécessaire au système binaire, avec ce résultat lisible: la Res-économica passe de puissance à pouvoir, les systèmes politiques d'autonomes à dépendants. Les dérives climatiques deviennent un danger, et leur transformation conceptuelle en écologie permet d'escamoter la toute aussi progressive inhibition du politique à gérer en urgence une sortie de cette impasse par la critique politique du modèle. On sent bien que notre système représentatif est un maillon faible par son inadaptation au monde actuel et la structure de pouvoir qui le surplombe. La condition de réussite est une condition de connexité absolue de deux facteurs: la nature de la matrice et la nature de l'activité. Excluant toute conciliation avec le modèle économique actuel. Ce que nous aurons du mal à faire, tant nous sommes, chacun de nous, impliqués dans ses maigres avantages. De quoi être sérieusement inquiets; au point que là derrière la vitre de ce bar je ne sois pas persuadé que l'issue, la fin du système, viendront d'une volonté collective. À force de concilier les contraires, la solution résulterait plutôt d'une mise en inopérante totale d'un système victime d'une crise ultime en 19/20. Une crise économique de plus, mais ultime car les états ne s'en relèveraient pas, organisés en l'état.

Ceux qui les dénoncent, chassés du paradis et de l'information conforme, des structures conformes, s'étonnent encore qu'une économie toxique persiste aussi bien, faute de comprendre que sa durabilité tient à ces questions d'intérêts bien partagés. Il ne faut rien y voir de démissionnaire. Simplement que sur tous ces sujets, faire de la politique, i-e revenir à la dimension éthique, exige de ne pas en faire à la manière de cette triangulation.